D’une rive à l’autre : de l’effervescence d’Eminönü au palais ostentatoire de Dolmabahce
- Cecilia Mason pour Le Blog des Tournettes

- 20 déc. 2013
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 janv. 2021

Palais de Dolmabahce vu du Bosphore, Istanbul, décembre 2013.
Photographie : © Miguel Arsenio, 2013
Sortir des vieux quartiers et découvrir la vie moderne, c’est se plonger dans la foule de stambouliotes qui courent attraper le subway – c’est-à-dire le tram – en direction de Kabatas, terminus situé à Beyoglu sur le côté européen d’Istanbul mais séparé de la vieille ville par le fleuve de la Corne d’Or. Si on ne prend pas un vapür à l’embarcadère (Iskele) d’Eminönü – lignes de bateaux quotidiennes qui relient les diverses rives de la cité –, on peut rallier l’autre rive en continuant donc avec le tram. Prenez votre jeton à 1.50 EUR, frayez-vous un chemin et grimpez dans la rame ! Avant de s’arrêter à Eminönü et gagner l’autre berge, la ligne longe Sainte-Sophie par le bas et passe ensuite par Sirkaci, quartier chaleureux ou prospèrent les restaurants d’ordinaire bienveillants. Même si moins agréable aux heures d’affluence, la traversée offre l’avantage d’un point de vue sur les collines de la vieille ville et ses nombreux minarets, notamment ceux de la Mosquée de Suleyman le Magnifique. Cela permet aussi d’observer la foule de passants et de pêcheurs qui arpente le pont de Galata. A toute heure du jour ou de la nuit, on trouve ceux venus taquiner le poisson à l’embouchure de la Corne d’Or.
Sur les quais d’Eminönü, les stambouliotes grouillent dans tous les sens comme des fourmis. Depuis le pont de Galata, on mesure toute l’ampleur des 14 millions d’habitants de la vaste mégapole, la plus grande d’Europe. Officiellement. Les chauffeurs de taxis coincés dans les bouchons cauchemardesques, eux, parlent de 25 millions… Entre le tunnel sous-terrain – dédié en théorie aux piétons mais envahi en réalité par des marchands en tous genres – et les débarcadères que baignent le fleuve, on trouve tous azimuts poupées, voitures mécaniques, moules fraîches, manivelles, pantalons, chaussures et on en passe… Savoir jouer du coude peut s’avérer fort utile pour réussir à s’assoir sur les tabourets des marchands de poisson et déguster leurs produits de la mer, ou encore boire un thé avant ou après la traversée. Testés pour vous, les frish fish kebab : un kebab de sardines à la fraîcheur garantie : transfert de 30 minutes maxi entre la sortie de l’eau salée et votre estomac ! Eminönu, en gros, c’est le Grand Bazar d’Istanbul, version moderne. Un joyeux bordel – au bord de l’eau - qui vaut le détour !

Quais d'Eminönü
Photographie : © Miguel Arsenio, 2013
Autre ambiance sur le côté européen du Bosphore. Arrivé au terminus du tram, on rejoint le musée d’art moderne ou on rallie à pied Dolmabahce, autre étape touristique incontournable. Vaste palais ottoman du XIXème siècle, il hébergea la Cour Impériale jusqu’à l’abolition du Sultanat en 1923 avant d’être transformé en résidence Présidentielle par Atatürk qui y mourut en 1938. De style baroque, le palais vêtu de marbre blanc est entouré de jardins luxuriants qui forment une terrasse romantique sur le Bosphore. Entre les lustres de cristal et l’or à profusion, le luxe apparent est à son apogée dans chaque pièce, ce qui aurait même valu la faillite de l’Etat lors de sa construction. Mieux vaut toutefois éviter la visite guidée obligatoire, organisée dans un anglais approximatif. On n’y apprend rien de plus que ce qui est disponible dans les guides touristiques. Trop expéditive, elle ne rend de toute façon pas justice à l’endroit. La vue sur le palais depuis un bateau est en revanche imprenable et le contraste entre le faste de Dolmabahce et les gratte-ciels ultramodernes qui le surplombent au loin est pour le moins surprenant.
D’une rive à l’autre, d’un débarcadère à l’autre, Istanbul permet un changement de cadre aussi rapide que détonnant où la vie locale des quartiers populaires a pour décors des palais et mosquées aussi élégants que raffinés.


Commentaires