Byzance, Constantinople, Istanbul… une ville aux multiples facettes culturelles et historiques
- Cecilia Mason pour Le Blog des Tournettes

- 19 déc. 2013
- 3 min de lecture

Une façade du palais de Topkapi, Istanbul, décembre 2013.
Photo : © Miguel Arsenio, 2013
A quelques jours de Noël, les touristes ne se laissent pas décourager par la température humide et glaciale qui s’est installée sur la première ville du pays. Bien emmitouflés, ils continuent d’affluer sur l’ancien Hippodrome de Constantinople, situé sur la rive occidentale du détroit qui abrite le quartier historique de Sultanhamet. Arène hippique dans laquelle se déroulaient les courses de chars et autres manifestations sous l’Empire Byzantin, l’esplanade voit désormais défiler chiens et chats errants, marchands ambulants, démarcheurs de restaurants et autres vendeurs de croisières sur le Bosphore. En discutant avec quelques-uns d’entre eux quelques minutes, on saisit toute la diversité ethnique de la cité. Istanbul, l’un des derniers points de passage avant l’UE accueille nombre de migrants, souvent irréguliers, venus du Moyen-Orient et des pays d’Asie centrale. Certains sont en transit. D’autres s’installent durablement. Parmi eux, Saim, 20 ans, syrien d’origine et tour opérateur improvisé promet des discounts défiant toute concurrence.
Un peu plus loin, au nord du parc de Sultanahmet siège la basilique Sainte-Sophie dont la grandiose coupole et la pierre aux couleurs pourpres vous projettent dans l’ère des églises chrétiennes des premiers siècles. Véritable œuvre d’art byzantin, symbole de l’ancienne capitale impériale, elle fut convertie à l’Islam lors de la conquête de la ville par les Ottomans en 1453 qui lui flanquèrent aussitôt quatre minarets. Transformée dans les premières années de la République en musée par Atatürk qui voulait l’« offrir à l’humanité », Sainte-Sophie fait à nouveau de la politique, le Vice Premier ministre ayant récemment évoqué l’idée de la rendre au culte musulman. Face à elle, de l’autre côté du parc, trône sa majestueuse rivale, une copie voulue améliorée – mais égalée ? – par Ahmet 1er au XVIème siècle : la fameuse Mosquée Bleue et ses six minarets. Pour cette dernière raison, elle fut d’ailleurs considérée comme irrévérencieuse lors de sa construction, seule la mosquée de La Mecque en disposant d’autant. Par l’entrée du parc, quelques fidèles se faufilent à l’heure de la prière alors qu’à l’accès par l’esplanade de l’Hippodrome, la sécurité veille à la tenue décente et aux règles de la bienséance parfois difficiles à imposer à quelques visiteurs indisciplinés. On imagine aisément leur labeur en plein été. A l’intérieur, nul ne restera indifférent à la cascade de coupoles et à la myriade de faïences et de vitraux aux couleurs somptueuses.
Outre ces deux grands lieux de culte, les vieux quartiers regorgent de sites très proches les uns des autres qui témoignent à la fois de l’époque romaine et de sa nouvelle capitale Constantinople, du rayonnement de l’Empire Byzantin et de l’arrivée des Ottomans. A Istanbul, les amateurs d’antiquités ont l’embarras du choix et, suivant le temps qu’ils ont à disposition, doivent se préparer à courir un véritable marathon sur très peu de kilomètres carrés. Parmi bien des trésors, citons les musées archéologiques et la Mosquée de Suleyman le magnifique qui domine la Corne d’Or. Sans oublier le splendide harem et autres pavillons de Topkapi, résidence officielle des Empereurs Ottomans jusqu’au XIXème. Ouf… Côté shopping, il faut savoir déjouer ceux qui démarchent et user de tous ses talents de négociateur pour obtenir de bons prix au marché aux épices. Même chose dans le labyrinthe de galeries du Grand Bazar. Sur ce marché qui constitue depuis des siècles le cœur commerçant de la vielle ville, le marchandage reste la règle dans la plupart des cas. Le tourisme et la globalisation ont fait leur œuvre et les marchands sont désormais polyglottes : « Et Sarkozy, pas cher mon frère ! », « Questo, qualità molto bella ! » « Guten Tag » « Man, I make you good prices ! »… Après quelques plaisanteries, le cérémonial de la négociation peut débuter. A l’annonce du rabais, les vendeurs se montrent tour à tour perplexes, indignés et finalement raisonnables. Et, c’est presque les larmes aux yeux qu’ils finissent par céder.
Ainsi, les premiers pas foulés dans Sultanahmet et ses environs offrent la carte postale que le touriste fraîchement débarqué est venue chercher : Istanbul, carrefour constant des civilisations et contraste saisissant entre l’Orient et l’Occident.



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