Boa Vida Brasileira : my brazilian postcard
- Cecilia Mason pour Le Blog des Tournettes

- 29 avr. 2016
- 4 min de lecture

En mars 2016, le Brésil tout entier fait face à d’importantes manifestations politiques. Dilma Roussef, première femme Présidente de la République, est à la tête de l’ « Etat-Continent » depuis 2011. Elue pour un deuxième mandat en 2014, elle est menacée depuis plusieurs mois par une procédure de destitution lancée à son encontre fin 2015. On l’accuse notamment d’avoir dissimulé un déficit budgétaire et d’avoir ignoré les manœuvres du scandale Pétrobras, une sombre affaire de corruption liée au groupe pétrolier et impliquant de nombreux partis politiques. Même si elle n’est pas directement visée par l’enquête, la confiance de l’opinion publique est entamée.
Après l’euphorie des années Lula dont les mesures ont permis de sortir 40 millions de personnes de la pauvreté et de consolider le confort des classes moyennes, le Brésil affronte désormais une récession économique importante qui pousse dans la rue de nombreux citoyens qui ont perdu de leur pouvoir d’achat. Le mécontentement de la population est par ailleurs nourri par la corruption des élites, les excès des forces de police, ou encore le coût très élevé (plus de 10 milliards d’Euros) de la Coupe du Monde de football 2014. C’est dans ce contexte compliqué et sous la menace d’une crise sanitaire annoncée par le très médiatisé virus Zika que s’inscrivent l’organisation des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro prévus pour août 2016.
Dans une atmosphère tendue, sous les clichés d’un pays fantasmé, le Blog a ramené une carte postale colorée aux réalités nuancées.
Textes et photographies : © Cecilia Mason, mars-avril 2016
Vers le photoreportage complet
Sur les collines de Santa Teresa

Bien moins touristique que les plages de sable blanc de Copacabana ou d’Ipanema qui ont fait la gloire de la métropole, la colline de Santa Teresa attire néanmoins les visiteurs, notamment grâce au fameux escalier Selaròn par lequel on y accède depuis Lapa. Jusqu’en 2011, la zone était traversée par un pittoresque et bringuebalant tramway datant de 1896 – le Bonhdinho. Avec ses vieillissantes demeures du 19ème siècle laissées parfois à l’abandon et ses ruelles pavées et escarpées, ce quartier populaire marqué par un esprit bohème possède un quelque chose de Montmartre, qui en a fait le repère de nombreux artistes qui y ont établi leurs ateliers. Situés sur les hauteurs du centre-ville, ses bars animés et autres petits restaurants offrent une vue imprenable sur toute la cité.
Jogos, carnaval e caïpirinha… com o sem Zika !

En février, les danseurs de samba défilent pour le traditionnel et célèbre carnaval. En 2016, ils ont défilé avec la même ferveur, malgré le très médiatisé virus Zika qui a affecté plus de 1,5 millions de personnes à travers le pays. La « cidade maravilhosa » étant devenue olympique en août 2016, l’épidémie a également menacé l’accueil des jeux, organisés avec faste depuis plusieurs années par les autorités. Des Jeux Olympiques loin d’ailleurs d’être au goût de tous. Les retombées économiques de l’évènement sportif n’ont pas profité aux plus pauvres, ce qui a contribué à alimenter les nombreuses manifestations politiques de l’année 2016.
Favela Experience

Perchées sur les collines de Rio, traditionnellement aux mains des narcotrafiquants, certaines favelas ont été nettoyées par les autorités, à la faveur des évènements sportifs mondiaux organisés par la ville, notamment en vue de la Coupe du Monde de football 2014 et les Jeux Olympiques d’été de 2016. Cette « pacification » n’a pu être établie qu’au prix de nombreux morts et d’une dérive policière que dénoncent de nombreuses ONG. Depuis la fin des Olympiades, la violence a cependant fait son retour, même dans les bidonvilles fréquentés dernièrement par les touristes.
Insouciance

Dans l’Escaderia Selaròn, un escalier réalisé par l’artiste chilien Selaròn orné de carreaux de faïence situé au centre de Rio, des enfants du quartier jouent avec insouciance sous l’œil amusé des touristes. L’accès à la santé et à l’éducation ont été l’une des avancées sociales majeures de ces dernières années. Au cours du double mandat de Lula da Silva à la présidence du Brésil, près de 40 millions de personnes sont sorties de la pauvreté.
L'héritage portugais

La ville de Paraty est l’un des joyaux coloniaux les mieux conservés au monde. Ses rues pavées nettoyées par la marée montante constituent sa particularité. Fondée en 1667, classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, la cité était l’un des points d’embarquement qui convoyaient les richesses à destination de Lisbonne. Elle rappelle également au visiteur un passé bien moins glorieux, celui de la cruelle traite des Noirs et du commerce des esclaves. Entre le Portugal et son ancienne colonie, une relation particulière a survécu à l’indépendance du Brésil advenue en 1822. Les deux pays lusophones conservent aujourd’hui de bons rapports, entretenus par une culture commune, des liens démographiques et des enjeux économiques et commerciaux.
Mulheres : mais Amor por favor !

Dans une société patriarcale qui véhicule volontiers l’image de femmes légères, la misogynie et le machisme restent de mise. La violence faite aux femmes y est monnaie courante et rarement punie. Les féministes du pays dénoncent même aujourd’hui une « culture du viol ». En 2016, sous l’influence encore importante des églises, l’avortement leur est par ailleurs toujours interdit alors que le virus Zika est dernièrement venu relancer ce débat. La maladie peut en effet se transmettre au fœtus et provoquer la microcéphalie, une terrible malformation.
Praias

La Costa Verde est un littoral de plus de 200 kilomètres au sud de Rio, constituée de montagnes tapissées d’une forêt atlantique. Ses reliefs impressionnants plongent dans la mer pour ressurgir en îles à la surface d’une eau émeraude.



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