Fogo : vivre à l'ombre du volcan
- Cecilia Mason pour Le Blog des Tournettes

- 31 déc. 2017
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 avr. 2021
Au large du Sénégal, dans l’archipel du Cap-Vert, se trouve une île dont les sommets sont dessinés par des visages lunaires : Fogo. Dominée par son volcan, le Pico do Fogo, cette île de feu (Fogo veut dire « Feu » en portugais), est soumise aux éruptions régulières qui rythment la vie nonchalante de ses insulaires. Et, curieusement, c’est ici, au cœur-même de la « Chas das Caldeiras », un ancien cratère, qu’une communauté a choisi d’y élire domicile. Un lieu de vie éphémère par définition, en perpétuelle reconstruction.
Reportage-photo réalisé en décembre 2017.

Photographies : © Cecilia Mason, 2017
Le 22 novembre 2014, le Pico do Fogo, à la fois le plus haut sommet et le seul volcan à être encore en activité dans l’archipel, se réveille au soir. Pourtant, les habitants ne veulent pas partir. Le feu du Grand-Homme, comme ils l’appellent, n’en est pas à ses premières élucubrations. En quatre jours pourtant, le volume de lave dépasse celui produit durant la dernière éruption de 1995. Et c’est dans un théâtre de feu et d’explosions que les habitants évacuent. Juste avant qu’une importante coulée ne recouvre progressivement le village de Portela, pratiquement rayé de la carte. Du moins, temporairement. Car si les habitants de la Caldeira n’ont pas encore reconstruit totalement le village, la vie et la nature ont repris leurs droits dans le cratère.
Depuis plus d’un siècle, malgré les éruptions et l’isolement, les hommes s’accrochent à ces terres abruptes. Bien que le Pico do Fogo soit un volcan actif, la caldeira Cha das Caldeiras qu'il domine est habitée et ses sols fertiles sont exploités. Sur ses pentes est produit le vin de Fogo, unique vin produit sur l'archipel du Cap Vert de nos jours. Dès la fin de l'éruption, près de trois mois après, une partie des habitants a regagné ses terres brûlées, repris les exploitations et démarré la reconstruction. Lors de notre passage fin 2017, les travaux étaient toujours en cours. Le confort est ici rudimentaire, les maisons sont en pierre ou en taule, dépourvues d’eau et d’électricité.
Selon des historiens capverdiens, les habitants de Fogo seraient nombreux à être les descendants d’un Français, nommé Montrond, qui se serait exilé sur ce coin de terre au 19ème siècle. Cet ancien ingénieur très instruit aurait fait bénéficier les habitants de ses connaissances et implanté plants d’arbres et vignes qui font aujourd’hui encore vivre la communauté de la Caldeira notamment. Plus encore, il aurait été selon la légende un coureur de jupons faisant de lui le père d’une cinquantaine d’enfants ! Il leur aurait laissé en héritage cette physionomie particulière dessinée par une peau métissée, des yeux verts ou bleus et des cheveux bouclés allant du blond au cuivré.

















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